Le uates dans les Fastes d’Ovide : le double jeu de la Musa lasciua - Archive ouverte HAL Access content directly
Journal Articles Babel Year : 2016

Le uates dans les Fastes d’Ovide : le double jeu de la Musa lasciua

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Abstract

Ovide dans les Fastes affiche le projet d’abandonner son éthos de poète badin, éthos endossé dans les œuvres précédentes de registre élégiaque. Il entend adopter la posture officielle, celle du uates, présent chez Virgile dans l’Énéide : il serait le poète inspiré des dieux qui chante les valeurs nationales, glorifiant la famille du prince et adhérant à la propagande augustéenne. Mais on note des éléments de discordance, notamment dans l’origine de son inspiration : ce n’est pas la Muse épique mais le doctus princeps qui l’inspire, le transformant en poète de cour destiné à flatter. De plus, Ovide délègue souvent sa parole à une divinité quand ses connaissances lui font défaut. Ce procédé, fréquent dans les œuvres étiologiques, lui permet de se dissocier du discours tenu comme n’étant pas le sien et c’est justement dans ces passages que l’on retrouve une certaine moquerie à l’égard des héros fondateur (Romulus notamment), qui fondent la propagande augustéenne. Cette discordance entre l’éthos affiché et l’éthos en sourdine ainsi que le choix du mètre élégiaque montrerait qu’au contraire Ovide renoue dans cette œuvre avec sa Muse légère et taquine. Elle s’explique également par un contexte littéraire où les auteurs élégiaques réfléchissent à leur liberté de création, notamment par rapport à la politique et aux genres traditionnels.
Ovidio nei Fasti ostenta il progetto di abbandonare il suo ethos di poeta scherzoso, quello utilizzato nelle sue opere precedenti di registro elegiaco. Intende assumere una posizione ufficiale, quella di uates, che si trova da Virgilio nell’Eneide : sarebbe il poeta ispirato dagli dei che canta i valori nazionali, glorificando la famiglia del principe mentre aderisce alla propaganda augustea. Ma si notano elementi di discordanza, specialmente nell’origine della sua ispirazione : non è la Musa epica ma il doctus princeps che l’ispira, transformandolo in poeta di corte indirizzato a lusingare. Inoltre Ovidio mette spesso il suo discorso nella bocca di una divinità quando le sue conoscenze mancano. Quel modo di fare, frequente nelle opere etiologiche, gli permette di dissociarsi dal discorso detto come se non fosse il suo ed è proprio in questi brani che si ritrova apunto una certa canzonatura verso gli eroi fondatori (specialmente Romolo), su cui si basa la propaganda augustea. Questa discordanza tra l’ethos ostentato e l’ethos in sordina come anche la scelta del verso elegiaco tradurrebbe ch’al contrario in quest’opera Ovidio riprende con la sua Musa leggera e scherzosa. Si spiega pure con il contesto letterario nel quale gli scrittori elegiaci pensano alla loro libertà di creazione, specialmente rispetto alla politica e ai generi tradizionali.

Dates and versions

hal-02303720 , version 1 (02-10-2019)

Identifiers

Cite

Cécile Richer. Le uates dans les Fastes d’Ovide : le double jeu de la Musa lasciua. Babel, 2016, 34, pp.21-35. ⟨10.4000/babel.4577⟩. ⟨hal-02303720⟩

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